Contenu éditorial

Peste Porcine Africaine, la frontière Hongroise n’a pas résisté

78 j'aimes
portique désinfection frontière hongroise

 

Le Centre de ressources Epidémiosurveillance Santé Animale (ESA) nous informe que des cas de PPA sur des sangliers ont été identifiés  pour la première fois en Hongrie, respectivement les 19 et 30 avril et le 2 mai 2018, à plus de 200 km des précédents foyers détectés en République Tchèque (touchée en juin 2017) et seulement à 40 km de la frontière Slovaque.

Une politique de prévention, jugée jusqu’alors exemplaire

Les autorités hongroises avaient pourtant mis en place des mesures de contrôle renforcées aux frontières, qu’elles jugeaient jusqu’alors efficace.

Tous les véhicules passant la frontière Ukrainienne étaient systématiquement désinfectés, grâce à des portiques pour les camions et des rotoluves pour les bus et les véhicules. Des tests sanitaires étaient menés sur les aliments saisis à la frontière et le ramassage des collectes des déchets avaient été intensifiés.

 

viandes de porc interdites

Jusqu'à la chasse au Jambon beurre

« Toutes les viandes de porc et les aliments contenant de la viande de porc pendant le contrôle des bagages seront saisis et confisqués par les autorités et les véhicules passagers seront également désinfectés à l'extérieur », pouvait on lire dans une brochure d’information du ministère de l’Agriculture Hongrois.

L’élevage des porcs domestiques en plein air est interdit, sauf en cas de présence d’une double clôture. Les marchés proposant des produits porcins étaient soumis à une étroite surveillance, les céréales pour porcs stockés sur exploitation ne devaient être utilisées qu’après une période de stockage de 30 jours, le délai passant à 90 jours pour la paille, les abattages à la ferme se faisaient uniquement sous couvert de contrôles sanitaires.

Une population de sangliers estimée à  102600 têtes

Les programmes de chasse au sanglier avaient été renforcés - les tirs des femelles et des jeunes de moins de 1 an étaient  intensifiés - Les sangliers retrouvés morts devant être enterrés sur place, suivi par la désinfection des lieux.

Chaque sanglier prélevé devait être reporté aux autorités compétentes. La transformation ou la commercialisation des carcasses de sangliers abattus était interdite tant que les résultats négatifs d’analyses n’étaient pas parvenus. En 2017, 221 prélèvements sur des sangliers ont été effectués à titre de surveillance passive et 5461 sur des sangliers chassés : tous ces prélèvements avaient données des résultats négatifs.

« L'apparition et / ou la propagation de l'épidémie en Europe centrale ne peuvent être évitées que par des mesures aussi drastiques » précisait alors la brochure d’information gouvernementale.

Une épizootie qui se propage en taches d’huile

Pour l’instant, aucune information n’est disponible  sur l’origine de ces cas, dont les caractéristiques évoquent ce qui est advenu dans la région de Zlin en République Tchèque, c'est-à-dire une transmission à distance de la maladie, sans lien supposé avec les autres foyers.

Les seuls pays limitrophes de la Hongrie ayant déclaré des cas de PPA étaient alors l’Ukraine et la Roumanie (de manière sporadique et à l’extrême Nord-Est du pays, c’est-à-dire à l’opposé de la frontière avec la Hongrie et la Slovaquie). Ces premiers cas en Hongrie sont donc très éloignés des derniers cas récemment identifiés en Europe de l’Est, ce que souligne à nouveau le centre de ressources ESA.

Les autorités Hongroises seraient tentées d’attribuer ces cas à la présence de nombreux travailleurs ukrainiens dans la région.

La  Slovaquie pourrait être la prochaine victime ...

Ce pays d’Europe centrale, toujours indemne de PPA, avait mise en place avec la même vigueur 2 zones tampons de 20 à 30 km d’épaisseur en bordure des frontières au Nord-Est avec l’Ukraine et la Pologne et à l’Ouest avec la République Tchèque, voilà qu’elle doit maintenant surveiller ses frontières au sud avec la Hongrie.

 

 

Administrateur Libertychasse.

Lille, le 15.05.2018

78 j'aimes