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Face à la menace sanitaire, la Belgique reconnait le rôle de sentinelle de la nature aux chasseurs

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Le chasseur, sentinelle de la nature

L’ Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) est un service public dédié à la prévention et à la gestion des crises sanitaires qui menacent notre chaîne alimentaire.

La chasse, une activité de première ligne

 

Dans un communiqué daté du 12 mars 2018, l’AFSCA s’adresse aux chasseurs en toute considération. Elle reconnait que la pratique de « la chasse est une activité de première ligne et très importante en matière de santé animale ».

Dans le cadre de l’exercice de la chasse, les personnes qui ont réussi l’examen obtiennent le statut de « Personne Formée » [PF] et ont donc le droit d’effectuer l’expertise obligatoire* du gibier tiré à la chasse, comme la législation le prévoit.

L’ AFSCA tient à les remercier pour le travail qu’elles effectuent dans ce cadre et qui contribue à assurer la sécurité alimentaire liée aux produits de la chasse.

Sans jamais nommer le risque d’épizootie de Peste Porcine Africaine (PPA) qui menace aujourd’hui l’Europe de l’Ouest, l’ AFSCA propose de rencontrer discrètement les chasseurs sous forme d’une « invitation », puis de « les tenir régulièrement informé sur les questions de santé animale en ce qui concerne les maladies transmissibles à la faune domestique (…) leurs éventuels enjeux et le cas échéant sur d’autres éléments de contexte pertinents ».

Les chasseurs, des « personnes formées » aptes à servir !

 

Derrière ce langage administratif, l’ AFSCA propose ainsi aux chasseurs et sur « la base du volontariat » de s’inscrire à une newsletter puis de participer assez rapidement à deux colloques qu’elle organise le samedi 14 avril 2018 à Merelbeke (En Néerlandais) et le 29 avril 2018 à Namur (En Français).

Une manière délicate pour l’Agence fédérale Belge, placée sous l’autorité de l’Agence Européenne de sécurité des aliments (EFSA) d’aborder et de se préparer à l’arrivée de cette crise sanitaire liée à l’épizootie de PPA, sans trop éveiller l’opinion publique.

La tenue des réunions entre personnes autorisées, « seules les personnes formées (PF) peuvent participer à l’un de ces colloques » abordera vraisemblablement le volet formation des chasseurs pour que ces derniers puissent à l’avenir prendre des mesures de biosécurité et leur mener des échantillons.

L’AFSCA considère en effet que « par leurs expertises, les PF exercent donc un rôle de sentinelle au niveau de l’interface faune domestique-faune sauvage ».

 

Les chasseurs qui accepteront cette invitation ne manqueront pas de leur préciser qu’en l’état de la réglementation actuelle - le règlement Européen (CE n°852/2004)* - l’obligation d’une expertise vétérinaire ne s’applique pas aux produits de la chasse destinés à être consommés dans un cadre familial. L’ AFSCA reconnaîtra alors cette faiblesse législative au même titre que celle sur l’absence de règles portant sur le traitement des déchets de venaison, mais puisqu’il semble plus facile en ces temps incertains de mobiliser les chasseurs plutôt que de faire modifier des règlements au niveau Européen, les "PF" accepteront ces nouvelles missions, témoignage supplémentaire de la responsabilité des chasseurs.

Il est précisé que le nombre de places est limité pour chaque colloque et qu’il vous est encouragé de vous inscrire au plus vite.

En France, la FNC et l'ONCFS représentent la partie santé de la faune sauvage depuis 2012, au sein de la plateforme Epidémiosurveillance en Santé Animale (ESA). Une convention cadre a été signée, début mars, par le Ministère en charge de l'agriculture avec l'INRA, l'ANSES et l'ESA sur le développement et la coopération des trois plateformes sanitaires.

 

Administrateur Libertychasse.

Lille, le 17.03.2018

 

Source documentaire : AFSCA Invitation colloque et newsletter

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