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Pologne, une terre de chasse mise en danger par l'epizootie

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La peste porcine africaine se propage au delà des frontières nationales

Alors que l’Union Européenne s’est engagée massivement à lutter contre la propagation de la Peste Porcine Africaine (PPA) depuis que la maladie a été confirmée en Biélorussie en Juin 2013, le nombre de cas déclaré dans «  la faune sauvage » ces dernières années, par les pays membres, ne cesse de croître et à un rythme soutenu ces derniers mois en Europe de l’Est.

 Nombre de cas de PPA dans la faune sauvage en Europe au 31.12.2017

Cette  variation est cohérente avec la variabilité saisonnière observée depuis 2014, selon l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE), mais il est à noter que le nombre de cas annuels en Europe est en progression constante et que cela s'accélère : 314 cas en 2014, 1687 cas en 2015, 2383 cas en 2016, 1996 cas à fin août 2017, 3208 cas à fin novembre 2017, 3946 cas à fin décembre 2017…

Extension de l’épizootie vers l’Ouest de la Pologne

L’augmentation du nombre de sangliers touchés en Pologne s’est accompagnée d’une progression vers une zone précédemment indemne autour de Varsovie.

Sept cas ont été déclarés chez des sangliers dans la région de Varsovie entre le 17 et le 24 novembre 2017. Les distances les plus courtes entre un des cas situé autour de Varsovie et les cas ou foyers de la zone frontalière à l’Est du pays sont respectivement de 94 à 99 kilomètres, ce qui laisse apprécier de la rapidité de propagation du virus d’Est en Ouest.

Selon, un rapport du CVET à la commission Européenne (Rapport du 27-28 novembre 2017), trois régions sont touchées : Legionowo (au Nord de Varsovie), le parc national de Kampinsky (au Nord Ouest) et Piasecsno (au Sud).

Les frontières du sud ne sont qu’illusoires

La Pologne partage ses frontières au Sud-Est du pays avec l’Ukraine et la République Tchèque sur près de 1200 kilomètres, la plupart du temps dans des conditions de délimitations naturelles.

Le 28 octobre dernier, la région de l’Viv en Ukraine confirmait à l’OIE l’apparition de la PPA sur cinq animaux hébergés dans une ferme avec basse-cour située à Hrozyovo, tout près de la frontière Polonaise. Jusqu’à présent l’Viv était la seule province d’Ukraine n’ayant pas notifié de cas de la maladie !

La République Tchèque connait une situation épidémiologique particulière. Après les deux premiers cas détectés chez des sangliers les 21 et 22 juin 2017, un total de 202 cas a été déclaré en 2017 dans un secteur très limité de la région de Zlin à l’Est du pays.

Cinq carcasses de sangliers ont été retrouvées le 21 décembre en dehors de la zone à haut risque qui avait été circonscrite !

Des mesures de lutte particulières ont été mises en place, permettant aux chasseurs de tirer tous les sangliers dans les zones les plus touchées avec une prime d’abattage proposée aux chasseurs  à condition que ces derniers prélèvent des échantillons sur chaque bête prélevées. Plus de 1900 animaux ont ainsi été prélevés entre juillet et août 2017 (source Média Prague TV 21.08.2017).

 Evolution de la PPA en Europe de 2014 à 2017

Face à la situation actuelle, l’UE vient d’actualiser la cartographie des mesures spécifiques de « régionalisation » prises en ce qui concerne l’évolution de la situation de la PPA dans la décision d’exécution (UE) 2018/169 du 1er février 2018, décision qui abroge la précédente décision d’exécution (UE) 2014/178-179.

La dernière cartographie des zones régionales à risque avait perduré quatre années, il n’est pas certain que la dernière version consolidée dure aussi longtemps, tant la situation d’épizootie semble s’accélérer alors que le pic de la maladie n’est pas atteint, selon la reconnaissance même de l’avis scientifique de  la commission Européenne.

 

 

Administrateur Libertychasse.

Lille, le 11.03.2018

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